Automédication : même à base de plantes, soyez vigilants !

Dernière mise à jour : 7 févr.

Vous avez un rhume, votre petit dernier tousse, votre grande se plaint de règles douloureuses, la liste est longue... vous décidez de vous tourner vers des solutions plus naturelles que les médicaments "classiques".

Bonne idée !

Mais ne restez pas seul.e face à la grande nébuleuse d'internet et de son amas de conseils plus ou moins tronqués.

L'automédication, même verte, a ses avantages, mais aussi ses risques, d’où l’importance de ne pas oublier quelques bonnes pratiques.


Selon l'OMS, l'automédication est le traitement de certaines maladies par les patients grâce à des médicaments ou des produits à base de plantes autorisés, accessibles sans ordonnance, sûrs et efficaces, dans les conditions d'utilisation indiquées.

Ces médicaments sont en libres accès et/ou vous sont (parfois) conseillés par des pharmaciens (ou préparateurs)... ou autres vendeurs selon que vous décidiez de vous rendre dans une pharmacie, une parapharmacie ou un magasin de produits Bio.

Ces conseils sont donnés de façon soignée et avec des connaissances certaines des produits proposés.

Mais avez-vous pensé à préciser vos antécédents médicaux ou vos allergies ?


L'automédication "classique" peut avoir du bon !

Soigner une mauvaise toux avec de l’ail ou sa fatigue avec une décoction d’oignons, pourquoi pas ? Ça ne peut pas faire de mal, mais ce n’est pas de l’automédication… Ces "superaliments" n'ont de réels impacts dans votre quotidien et sur votre santé qu'avec une alimentation variée et équilibrée, une bonne activité physique et un apport hydrique suffisant, donc une bonne hygiène de vie !

Selon la définition officielle, telle qu’énoncée par le Conseil de l’ordre des médecins, « l’automédication est l’utilisation, hors prescription médicale, par des personnes pour elles-mêmes ou pour leurs proches et de leur propre initiative, de médicaments considérés comme tels et ayant reçu l’autorisation de mise sur le marché, avec la possibilité d’assistance et de conseils de la part des pharmaciens ».

Il ne s’agit donc pas de se soigner tout seul avec des plantes, la médecine naturelle ou des trucs de grands-mères, mais bien de traiter des symptômes courants avec des médicaments disponibles en pharmacie.

Mais quand on parle de symptômes courants, de quoi parle-t-on ? On parle de nez qui coule, de mal de tête, de coup de pompe, de brûlures d’estomac, de nausées, de petites douleurs… Face à ces troubles légers, nous sommes nombreux à pratiquer l’automédication. Et ça a du bon : on traite le problème, on ne perd pas de temps, on évite de surcharger les cabinets médicaux, on valorise le conseil du pharmacien…

Mais attention : parce que l’automédication met en œuvre des médicaments soumis à autorisation, il convient d’être prudent.


Alors en quoi l'automédication (même "verte") peut-elle devenir dangereuse ?

Le danger est bien présent de se tromper, tout simplement, avec des risques qui ne sont pas sans conséquences : surdose, interactions médicamenteuses, effets secondaires, allergies…

D’autant que l’efficacité de certains médicaments en vente libre est contestée. En novembre 2017, le magazine 60 millions de consommateurs publiait les résultats d’une évaluation de 62 médicaments parmi les plus vendus en automédication. Réalisée par deux éminents spécialistes, elle concluait que seuls 21 % des médicaments de cette liste présentaient un rapport bénéfique/risque favorable. 33 % étaient « passables » du fait d’une efficacité faible ou non prouvée…

45 % étaient à proscrire en raison d’un rapport bénéfice/risque défavorable : parmi ces médicaments à l’index, des "antirhume" bien connus…


Quand vous décidez d'acheter tel ou tel médicament, de votre propre initiative, vous n'avez pas accès aux contre-indications, aux effets secondaires et autres informations capitales qui feraient que le médicament pourrait avoir des effets indésirables pour votre cas précis. Ces informations se trouvent à l'intérieur de la boîte, sur la notice : un papier qui en général est écrit dans une police très petite (ce qui peut être un peu rédhibitoire à lire), au milieu de beaucoup d'autres informations (notamment la posologie, c'est-à-dire la façon de prendre le traitement, la quantité journalière et la durée recommandée) dont des effets secondaires fréquents, rares etc...

Triste constat : c'est souvent en observant un "petit quelque chose pas habituel" que la notice est lue attentivement...

Dommage. Si vous aviez su, vous auriez demandé conseil.


Avec les conseils d'un professionnel de santé, en pharmacie, en magasin spécialisé, auprès d'un naturopathe

Les conseils des personnes qui travaillent dans les conseils de santé en pharmacie, parapharmacie ou certains magasins bio sont précieux et d'excellente qualité.

Ils peuvent vous permettre d'éviter de prendre certains traitements à tord voire même vous proposer des alternatives auxquelles vous n'aviez pas pensé.

Malheureusement ces conseils sont donnés rapidement et sans connaître la totalité de vos antécédents.

Du monde... Du bruit... Mille choses en tête... et ce "truc" qui traine et qui vous gène depuis plusieurs jours...

Vous n'avez peut-être pas retenu la totalité des conseils donnés.

Vous n'avez sans doute pensé à poser toutes ces questions que vous vous posez, là, maintenant qu'il s'agit d'utiliser le produit en question. Qu'importe, vous vous lancez pensant que puisque c'est vendu en libre-service ça ne peut pas vous faire de mal !

Dans le meilleur des cas, les choses rentrent dans l'ordre.

Mais le plus souvent, ce n'est que ponctuel : vous avez traité le truc qui gêne sans en connaître la cause réelle !

Parfois même, vous souffrez d'effets secondaires : vous n'aviez pas précisé que vous aviez une allergie légère à une plante et le complexe conseillé en contenait précisément (c'est du vu, vécu et traité au cabinet !)... et là, les conséquences peuvent être dramatiques.


Alors que faire ?

Demandez conseil... Posez des questions...

Donnez un maximum de détails sur votre santé, vos expériences passées ou vos allergies éventuelles.

Notez ce qui vous est expliqué ou demandez à ce qu'on le fasse pour vous.

En cas de doute, retournez demander conseil auprès de la personne vue initialement mais évitez d'avoir recours aux conseils de Monsieur Tout-le-Monde ou de Madame Personne sur Internet.

Un traitement en cours et conseillé par une personne compétente, ne saurait être interrompu sous prétexte qu'un ami a vécu une meilleure expérience en suivant d'autres soins ou parce qu'Internet vous a "soufflé" autre chose : vous êtes unique !

Les recommandations du net sont des généralités à prendre avec recul et attention.

Les conseils qui ont été donnés à une autre personne sont propres à cette personne avec ses problématiques, ses antécédents etc...


Vouloir prendre le contrôle de sa santé, savoir reconnaître la cause d’une maladie bénigne, la traiter sans consulter le corps médical ne transforme personne en professionnel de santé diplômé...


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